شؤون سياسية

Interview avec Mohamed Kilani le Secrétaire Général du Parti Socialiste

Comment jugez-vous la situation actuelle dans le pays ?

Mrs mohamed kilani : La situation actuelle du pays est marquée par une ambigüité totale sur tous les plans :

 - au niveau économique, tous les indicateurs vont vers le négatif (croissance au niveau privé, stock en devise, fermeture d’entreprises).

- au niveau social, destruction du pouvoir d’achat contre une flambée des prix. Le nombre des chômeurs a passé de 3OOmille en 2010 à presque un million en 2013.

- au niveau politique, la troika reste cloisonnée dans ces choix n’acceptant aucune critique et aucune suggestion ou volonté de participation exprimée par des parties politiques et des organisations de la société civil pour la bonne marche dans de la période transitoire ; en plus elle a laissée libre court à des forces incultes et obscures pour semer la peur et la terreur et mener le peuple tunisien dans une marche forcée vers un Etat théocratique et un despotisme oriental. De l’autre coté, c'est-à-dire du coté des force de la démocratie, on ne distingue rien de concret, qui peut sauver la république de la fascisation de l’Etat, l’économie tunisienne du marasme et de l’écroulement et le peuple tunisien de la pauvreté et de la fragilité économique et social. Les partis politiques, républicains démocrates et modernistes, de gauche ou libéral, restent devisés.

Ce qui est plus grave, c’est l’offensive menée par ennahdha appuyée par le gouvernement de la troika sur 5fronts : l’information et les journalistes, l’ugtt , les magistrats, l’administration et le peuple révolté qui continue à monter la pression pour la réalisation des objectifs de sa révolte.

Ennahdha a usé de gros moyens de persuasion, en premier lieu la violence de l’Etat de manière démesurée, tuant et mutilant plusieurs citoyens comme c’est le cas de siliana en utilisant ‘’Errach’’ contre les manifestants. Ceci est évidant surtout quelle classe tous ses adversaires comme des ennemis de la révolution.

 Donc, on est en présence d’une situation qui présente assez de confusion, qui n’est favorable qu’a une sortie sanguinaire et fasciste. Je tiens à rappeler que je n’ai jamais cessé de tirer la sonnette d’alarme pour attirer l’attention du monde politique, de la société civil et du citoyen, du danger qui les guettent et qui est capable de nous faire basculer plusieurs décennie en arrière, voir même des siècles.

Pour conclure, la situation de notre pays intérieure et extérieure, est très grave ; elle a besoin d’un programme d’unité national, des forces de la républicaines modernistes sociales et démocrates, tous comme un dans un front uni, pour sauver notre Tunisie.

 

Quelles sont les solutions pour sortir de la crise et réaliser les objectifs de la révolution ?

Mrs mohamed kilani : Pour sortir de cette situation critique aggravée par la mauvaise gestion de la chose publique par le gouvernement de la troika et par son total échec dans la gestion des affaires de l’Etat, des affaires sécuritaires et surtout économiques, il faut que toutes les nationales attachées au progrès et à la démocratie doivent prendre le destin de leur pays entre leurs mains. Ainsi le gouvernement issu de l’assemblée constituante doit établir un espace de confiance entre les différentes composantes politiques et la société civile et doit sortir de son cloisonnement et d’ambigüité et laisser à part la politique des sourds et être réaliste et comprendre qu’il est un gouvernement touristique et il doit prendre des mesures immédiats :

1- stopper la détérioration de pouvoir d’achat et la montée des prix des matières de première nécessité.

2- protéger l’économie nationale de toute tendance clientéliste.

3- assurer la bonne marche de la transition avec la création des différentes institutions et outils du travail et cela pour résoudre les dossiers prioritaires à savoir : la sécurité, la justice, les élections, les martyres de la révolution.

4- réduire le nombre des ministères et des ministres.

5- arrêter la nomination des responsables centraux, régionaux et locaux sur la base d’appartenance politique.

6- Cesser d’alourdir le fardeau du peuple tunisien par la dette et par un endettement excessif destiné à la consommation et non pour l’investissement productif.

 

votre entée dans l’alliance avec Nidaa Tounès dans le cadre de l’unité pour la Tunisie a trouvé des réticences de la part du Parti El joumhouri qui tient à ce que l’alliance ne regroupe que Nidaa Tounès, el joumhouri et el massar qu’en pensez – vous ?

Mrs mohamed kilani : Notre alliance avec Nidaa Tounes repend à une exigence nationale pour sauver la république et le peuple tunisien du despotisme et de la misère, une exigence politique et civilisationelle concernant le model de société que nous devons défendre dans notre environnement socio-culturel, arabo-musulman. Donc, nous étions appelés à discuter de ces questions d’une manière approfondie et de proposer les mesures nécessaires pour la bonne marche du processus de la transition. Notre lecture de la situation politique après les élections de 23 octobre nous a conduit à déduire que la phase de l’évolution spontané du passage à la démocratie a cédé le pas à une inflexion grave déviant son vecteur d’orientation vers la mise en place d’un Etat théocrate, despotique et orientale, suite à la mainmise d’ennahdha sur la constituante et sur l’appariel de l’Etat. Et malgré la légitimité de la majorité relative, elle n’est pas vraiment représentative du tissus politique tunisien. Ceci suite à l’intervention massive de l’argent sal et de l’effritement des forces démocratiques et des partis de gauche, ajouté à cela, le foisonnement de micro-partis poste 14 janvier et le grand nombre de listes indépendantes.

 Pour résumer nous sommes devant une situation accablante qui nécessite vraiment une mobilisation générale pour la reconstitution de la vie politique et le rétablissement d’un certain équilibre entre les forces en place, pour faire face aux excès et de permettre à la république, à la démocratie et au peuple de mieux se défendre.

C’est cette exigence qui nous a poussé à lancer un appel pur la constitution d’un front unique pour rassembler le maximum de forces démocratiques, de gauche ou libéral, en vue d’unir ces forces autour du model de société tunisien, le défendre et le consolider en face d’un projet rétrograde et réactionnaire, que ennahdha essaye de l’imposer par tous les moyens à notre société.

 

Quel est l’objectif de cette alliance électorale ou politique ?

Mrs mohamed kilani : Je tiens à rappeler tout d’abord que notre Parti, le Parti socialiste, a, dés le 3 décembre 2011, lancé un appel pour un front uni pour faire face à ennahdha à l’occasion des élections prochaines. Notre appel a été adressé à tous les Partis démocratiques, de gauche et libéral. Comme nous considérons que ‘’Nidaa… ‘’ est un Parti démocratique donc il est concerné par notre appel, malgré qu’il est un Parti qui a des convictions social-libérales, parce que nous avons notre république, un processus démocratique et l’honneur et la liberté de notre peuple, à défendre ensemble.

Je tiens à rappeler que le 26 janvier 2012, si el beji a lancé son initiative pour la constitution de ‘’Nidaa Tounes’’ et d’un large front démocratique pour ajuster le processus démocratique qui a subi une grave déviation par rapport à son parcourt initial. Ceci veut dire que nous avons, dès le départ, des préoccupations en commun. Nous sommes, avec ‘’Nidaa…’’, ensembles pour sauver la république et pour la Tunisie. Certainement et obligatoirement nous allons êtres ensembles aussi avec plusieurs autres Partis démocratiques et de gauche. Mais il faut dire que ce n’est pas facile, car certains Parti n’ont pas pu mettre en premier l’intérêt de notre pays, avant les leurs. Malheureusement certain n’ont pas compris que l’enjeu et les exigences de cette période, si grave, nous oblige à dessoudre l’esprit de « leadership » dans les priorités nationales, alors que d’autres n’ont pas compris que l’alliance actuelle n’est pas n’est pas stratégique ou idéologique mais plus tôt politique et elle peut même être électorale si une confiance réelle peut s’établir entre les déférents partenaires.

 

Le front populaire sera-t-il concerné par cette alliance d’autant plus que el joumhouri et el massar ont des contacts avec le front et ils ont même été le 14 janvier ensemble.

Mrs mohamed kilani : Le front populaire est une nouvelle alliance qui met l’accent sur le stratégique en donnant aux questions tactiques une portée stratégique et idéologique, ajouter à cela certaines confusions théoriques se rapportant aux questions de la révolution, du fascisme, du libéralisme et de la démocratie, ainsi que dans l’approche qu’il a de la situation actuelle et surtout concernant la période de transition. Ces erreurs théoriques et politiques l’ont emmené à rejeter toute proposition d’alliance avec ‘’nidaa…’’. Ceci malgré l’existence de plusieurs points en commun. J’espère que nos camarades dans le front comprennent l’enjeux principal de la phase de transition et qu’ils ne se trompent d’ennemi. J’espère que nous n’allons pas tarder beaucoup plus à se rencontrer pour une république démocratique et sociale et pour empêcher toute tentative d’une mise en place d’un pouvoir dictatorial, despotique ou fasciste.

Les rencontres sur le terrain avec el joumhouri et el massar, j’espère qu’elles soient un avant gout d’un front large et uni.

 

seriez-vous candidat à l’élection présidentielle ?

Mrs mohamed kilani : déjà la confusion règne, le peuple tunisien n’a pas besoin d’une prétention de plus, ajouter à cela je ne suis pas assoiffé de pouvoir, je veux tout simple être au service de la Tunisie, de la république et du peuple tunisien la ou un bon nombre de mes semblables n’y va pas.